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Santé mentale

La dépression

Qu'est-ce que la dépression ?

Les sociétés de produits pharmaceutiques voudraient nous faire croire que la dépression est une affection bien comprise qui est déclenchée par un manque de sérotonine dans certaines parties de notre cerveau. Donc, le traitement approprié devrait tout simplement consister à choisir la pilule qui permettrait au taux de sérotonine de redevenir normal. Bien que cet argument simple et convaincant suffise à la commercialisation des médicaments auprès des médecins très pris, et du grand public, il n'est probablement pas tout à fait exact. Un neurobiologiste réputé a dit, il n'y a pas si longtemps : « Expliquer le fonctionnement du cerveau humain en nous basant sur nos connaissances actuelles en neurobiologie et en neurochimie, c'est comme analyser des échantillons prélevés dans les égouts de Moscou et déterminer ce que les Muscovites ont pris au petit-déjeuner ce matin-là. »

Nous savons que la dépression entrave le fonctionnement de plusieurs parties du cerveau, notamment le système limbique et le cortex cérébral. La dépression influe donc sur notre humeur, elle interfère avec des fonctions physiologiques comme l'appétit et le sommeil et elle parasite notre efficience intellectuelle.

Le diagnostic

La présence de la dépression n'est pas toujours évidente, surtout pour la personne qui en souffre. Elle ressemble parfois à de l'irritabilité ou elle peut prêter à confusion avec la démence ou la sénilité. Les traits sur lesquels le diagnostic de dépression s'établit correspondent aux parties du cerveau atteintes. Pour établir le diagnostic clinique, il faut que plusieurs des symptômes mentionnés ci-après soient présents et suffisamment intenses pour entraver considérablement la capacité d'une personne d'accomplir les activités d'une journée normale :

  • des perturbations du sommeil (un réveil très matinal, de l'insomnie ou un excès de sommeil) ;
  • une modification de l'appétit (une perte de l'appétit ou de poids ou un comportement boulimique) ;
  • une faible énergie ;
  • des sentiments d'impuissance, de tristesse, de désespoir ;
  • un manque de concentration ;
  • de la difficulté à prendre des décisions.

Les facteurs de risque

Un lien génétique existe vraiment : si vos parents, vos grands-parents, vos frères et sœurs ont souffert d'une dépression, vous en courez un risque considérablement accru. Certaines modifications hormonales, comme celles observées après une grossesse, ou la ménopause, sont associées à un risque accru de dépression. Un choc émotionnel soudain, ou une perte pénible, peuvent déclencher un épisode dépressif. Certaines périodes de l'année, comme Noël ou l'anniversaire d'un événement pénible, peuvent être associées à des épisodes dépressifs. Certains agents (l'alcool, la marie-jeanne, les barbituriques, les benzodiazépines, les bêtabloquants, la clonidine, des corticostéroïdes) engendrent un état dépressif ou l'aggravent. La dépression est souvent associée à des troubles médicaux comme une maladie cardiaque, une sclérose en plaques, des formes d'arthrite, un accident vasculaire cérébral, une hypothyroïdie, le syndrome de Cushing, la maladie de Parkinson et quelques types de cancer.

Une fois que vous avez souffert d'un épisode dépressif, le risque que d'autres se produisent augmente avec la survenue de chaque récidive. Après un seul épisode, la probabilité d'une autre occurrence est 50 %, après 2 épisodes, la probabilité s'élève à 70 %, et après 3 elle passe à 90 %.

Le traitement

Une gamme étendue de thérapies a prouvé son efficacité dans la prévention et le traitement de la dépression. Un repos adéquat, un bon programme d'exercice, un régime alimentaire équilibré sont des mesures thérapeutiques importantes, en particulier pour les personnes qui courent un risque accru de dépression. La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) est une technique de conseil que le thérapeute emploie en vue d'aider la personne qui le consulte à repérer et corriger les pensées erronées et négatives. La TCC s'est prouvée au moins aussi efficace que les médicaments antidépresseurs dans le traitement des états dépressifs légers et modérés.

Une gamme étendue de médicaments antidépresseurs a été mise au point et ont montré quelque efficacité. Bien qu'ils agissent tous sélectivement, il est intéressant de constater qu'ils ont une gamme d'actions remarquablement étendue dans le cerveau. Certains sont des stimulants, comme les amphétamines qui augmentent la sécrétion de la dopamine. D'autres bloquent la réabsorption de la sérotonine, et cette action cause son augmentation dans le cerveau. D'autres encore agissent apparemment en augmentant la concentration de la norépinéphrine, un autre neurotransmetteur excitateur.

Il y a eu des rapports scientifiques contradictoires sur l'efficacité des remèdes à base de plantes médicinales, en particulier sur le millepertuis. Une étude a montré que le groupe atteint de dépression qui avait reçu le placebo avait obtenu une réponse plus favorable que le groupe qui avait pris le millepertuis ou ceux qui avaient pris un médicament ISRS (un médicament appartenant à la classe des antidépresseurs appelés inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine).

Quelques personnes dont la dépression grave et invalidante n'a pas répondu à d'autres types de traitements sont traitées avec succès par une thérapie électroconvulsive. Bien que ce soit une mesure extrême, on ne doit pas oublier qu'une grave dépression est une affection horrible dont les conséquences pourraient s'avérer fatales.

Comme pour toute autre affection chronique qui a des origines et des manifestations biologiques ainsi que psychosociales, les meilleures thérapies combinent des interventions biologiques ou pharmaceutiques avec des traitements psychosociaux sous forme de psychothérapie de groupe ou individuelle et des modifications comportementales visant notamment les exercices physiques, le régime alimentaire, les activités sociales et spirituelles. Une étude dont les résultats ont été publiés dans le British Medical Journal montre que les patients dont la dépression a été traitée avec succès couraient un moindre risque de récidive et fonctionnaient bien mieux sur le plan affectif et physique quand des fournisseurs de soins de santé leur prodiguaient un soutien continu. Le groupe qui n'a reçu qu'une seule et brève intervention thérapeutique courait un plus grand risque de souffrir d'une récidive. Le message à retenir de cette étude est que la dépression est une affection chronique susceptible de récidives, par conséquent, une thérapie efficace demande la poursuite d'activités qui préviendront une récidive, y compris des médicaments, un soutien social, une psychothérapie, des exercices physiques et des activités pondérées.

Ce qu'il faut faire

Informez-vous au moyen de la lecture. Abordez ce sujet avec votre médecin et avec une personne de votre centre communautaire d'hygiène mentale. Songez à suivre des séances de thérapie cognitivo-comportementale avec un psychothérapeute qualifié, mais renseignez-vous d'abord afin de vous assurer que le thérapeute est rompu à cette méthode. Adoptez un programme d'exercice rigoureux que vous pratiquerez régulièrement. Surveillez votre alimentation. Sortez et entrez en rapport avec d'autres personnes au moyen d'activités sociales, de passe-temps collectifs, de la musique ou de groupes de soutien mutuel. Tout en tirant la conclusion que la dépression est une affection chronique, souvent marquée par des récidives, il ne faut pas oublier que sa guérison ou une rémission de longue durée est possible, surtout si la personne qui en souffre continue à faire ce qui lui réussit.

Lecture supplémentaire

Être bien dans sa peau : traitement éprouvé cliniquement pour vaincre la dépression, l'anxiété et les troubles de l'humeur, traduction de The New Mood Therapy, by David Burns, MD, Avon Books, 1980.

 
Le Dr Ray Baker



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